Le cancer du sein touche une femme sur huit en Belgique. Fréquent, il se traite aussi de mieux en mieux, mais demeure une maladie complexe. « Il n’y a pas un, mais des cancers du sein », rappelle la Dre Élodie Gonne, oncologue médicale, responsable de la Clinique du sein au sein du CHU de Liège et de la concertation multidisciplinaire d’oncologie, qui réunit chaque semaine différents spécialistes (oncologues, chirurgiens, radiothérapeutes, sénologues, anatomopathologistes, radiologues, nucléaristes, infirmières de liaison) pour discuter des nouveaux cas de cancers du sein et des éventuelles récidives chez certaines patientes. Cette approche – que le CHU de Liège a instauré il y a plus de 20 ans et qui est aujourd’hui une obligation légale – permet de travailler de manière coordonnée afin de proposer la meilleure solution pour chaque femme. STADES ET TYPES DE CANCERS « Différents critères entrent en ligne de compte lors du choix d’un traitement, rappelle Élodie Gonne, par ailleurs maître de conférences au département des sciences cliniques, en faculté de Médecine. Il y a tout d’abord l’extension de la tumeur : soit la tumeur est uniquement présente au niveau local, soit il y a déjà une progression, avec un premier relais ganglionnaire au niveau du bras. Si les ganglions sont envahis, on regardera s’il y a des métastases à distance. » Les traitements des tumeurs localisées et des cancers métastatiques ne sont en effet pas les mêmes. « Les cancers métastatiques, on sait qu’on ne les guérira pas mais on peut initier un traitement chronique à long terme », précise la spécialiste. Rappelons que, de manière générale, le cancer du sein est aujourd’hui une maladie qui se traite bien, avec une survie à 5 ans de 88 %. « Mis à part le stade, ce qui va déterminer le type de traitement, c’est le type de tumeur : tumeur hormonosensible – qui présente des récepteurs hormonaux –, tumeur avec un récepteur de croissance tumorale HER2 ou tumeur triple négatif [lire l’encadré en page 14] », poursuit Élodie Gonne. Si les traitements diffèrent selon le type de tumeur, la plupart des patientes passeront néanmoins par les mêmes étapes. « Elles auront souvent une chirurgie et une radiothérapie pour qu’il n’y ait pas de rechute locale. » La chirurgie peut consister en une tumorectomie (ablation de la tumeur) ou une mastectomie (ablation de toute la glande mammaire). « Ensuite, la plupart des patientes prendront un traitement systémique, explique la responsable de la Clinique du sein. Il peut s’agir Ces dernières années, l’université de Liège a participé à quelques-unes des avancées majeures dans la compréhension des mécanismes impliqués dans les cancers du sein et la mise au point de nouveaux traitements. La collaboration étroite entre chercheurs et cliniciens favorise par ailleurs une approche centrée sur les patientes et leur qualité de vie. À l’heure où les traitements s’améliorent sans cesse, les enjeux de l’après-cancer apparaissent de plus en plus essentiels. Un colloque dédié au cancer du sein a lieu cet automne, en présence de Kornelia Polyak, professeure de médecine à la Harvard Medical School et grande figure internationale de la recherche actuelle dans ce domaine. Elle recevra alors les insignes de docteure honoris causa. L’occasion de faire le point, au sein de l’ULiège, sur cette thématique. DOSSIER JULIE LUONG - PHOTOS ÉLISE JAUNET SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 11 À LA UNE
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