d’une hormonothérapie ou d’une chimiothérapie, qu’on couplera éventuellement à une thérapie anti-HER 2 ou à une immunothérapie pour les triples négatifs. » DES PROGRÈS THÉRAPEUTIQUES MAJEURS En quelques décennies, les traitements ont progressé de manière significative, au point que de nombreux spécialistes espèrent que le cancer du sein métastasique deviendra progressivement une maladie chronique, qui ne menacera plus directement la vie des rares patientes qui ne sont pas guéries. « Il y a d’abord eu, vers 2005, l’arrivée des anti-HER2, avec le Trastuzumab, qui a changé un cancer de mauvais pronostic en l’un des cancers le plus curable, souligne le Pr Guy Jérusalem, premier responsable de la Clinique du sein jusqu’en 2025. Cela a été une véritable révolution car ce traitement, en association avec la chimiothérapie, permet de tuer massivement les cellules tumorales qui présentent ces récepteurs. Nous avions d’ailleurs contribué à une étude qui a présidé au remboursement de ce médicament. Notre équipe a par ailleurs participé à valider ensuite d’autres médicaments anti-HER2 (pertuzumab, lapatinib, trastuzumab deruxtecan) ciblés en association avec une hormonothérapie (everolimus, antiCDK4/6) et à optimiser les traitements antihormonaux. Nous avons aussi connu de grands progrès dans l’immunothérapie, ce qui a permis d’augmenter la survie dans les cancers métastatiques et de mieux soigner les cancers du sein triple négatifs dans le but de guérir plus de patientes. » L’oncologue se rappelle pourtant ne pas avoir “cru” au départ à l’immunothérapie : « Les résultats étaient assez anecdotiques au début des années 90 et ceux avec les nombreuses études évaluant des vaccinations antitumorales ont été très décevants. Or aujourd’hui, dans l’ensemble des cancers, 40 % des patients recevront à un moment ou à un autre de l’immunothérapie à base des inhibiteurs des points de contrôle. » Preuve que la recherche contient une part inhérente d’imprévisibilité : les déceptions y côtoient des avancées qu’on n’aurait pas osé espérer. Ici aussi, le CHU de Liège a été parmi les premiers centres en Europe à pouvoir proposer ce type d’immunothérapie dans le cadre d’études cliniques. Bien sûr, ces innovations thérapeutiques ne viennent pas de nulle part : le plus souvent, elles découlent de résultats LES CHIFFRES En Belgique, le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez la femme : il concerne environ un tiers de tous les diagnostics de cancers féminins. Selon les derniers chiffres de la Fondation Registre du Cancer (2023), 11 636 nouvelles personnes ont été touchées par un cancer du sein, dont 11 533 femmes et 103 hommes – soit une légère hausse d’environ 3 % par rapport à 2022. De manière générale, le nombre de diagnostics de cancers du sein chez les femmes augmente chaque année. Ces 20 dernières années, cette progression a été de 23 % et s’explique surtout par l’intensification et l’amélioration du dépistage. Le vieillissement de la population intervient également, car le risque de développer un cancer du sein augmente avec l’âge. Parallèlement, ces 20 dernières années, le nombre de décès liés au cancer du sein a diminué de 10,5 %. Pour une femme, le risque de décéder d’un cancer du sein a baissé en moyenne de 2,1 % par an. En Belgique, l’âge moyen des femmes atteintes d’un cancer du sein est de 64 ans : 44,9 % ont entre 50 et 69 ans, 36,2 % ont plus de 70 ans et 18,8 % ont moins de 50 ans. obtenus en recherche fondamentale, d’allers-retours entre le laboratoire et la clinique. « À L’ULiège, il y a une collaboration particulièrement étroite entre les cliniciens et les chercheurs, du fait que le centre de recherche GIGA-ULiège se trouve sur le même site que le CHU, ce qui est unique en Fédération Wallonie-Bruxelles, souligne la Pre Agnès Noël, chercheuse au GIGA Cancer*. Non seulement les cliniciens fournissent les échantillons de tumeurs, ce qui permet aux chercheurs d’avancer au niveau expérimental, mais ils peuvent aussi nous faire part des problèmes qu’ils rencontrent sur le terrain, et de ce dont ils auraient besoin. À l’inverse, nous leur partageons nos résultats expérimentaux pour évaluer si cela est relevant au niveau clinique. » LES INNOVATIONS THÉRAPEUTIQUES DÉCOULENT D’ALLERS-RETOURS ENTRE LE LABORATOIRE ET LA CLINIQUE * voir l’ensemble des recherches menées autour du cancer du sein au GIGA : www.giga.uliege.be/octobrerose 12 SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE À LA UNE
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