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Proposer ces différentes options va de pair avec une excellente expertise des médecins, souligne le Pr Guy Jérusalem. « Plus on connaît la littérature, les avantages et inconvénients de chaque option, plus on peut en discuter ouvertement avec les patientes. » Pour Pierre Foidart, l’avis de la patiente est incontestablement central. « Le dialogue est essentiel. Là où le médecin ne sait pas, seul, ce dont la patiente a besoin et envie, résume-t-il. La crise Covid nous a montré à grande échelle que les gens étaient investis dans les questions qui concernaient leur santé et que les scientifiques n’avaient pas toujours été à la hauteur en termes de pédagogie et de communication. Or, même dans la recherche clinique ou fondamentale, il est bon d’avoir l’avis des patientes, ce qui correspond aussi à l’approche de Kornelia Polyak, qui a à cœur d’impliquer directement les patientes dans ses recherches. » QUALITÉ DE VIE Plus que la maladie elle-même, c’est la patiente, la femme, que l’équipe médicale cherche désormais à traiter. « Aujourd’hui, on traite mieux les patientes mais cela signifie aussi qu’elles peuvent subir les effets à long terme de ces traitements, avec un impact sur leur qualité de vie. Cette question prend donc de plus en plus d’importance », analyse Élodie Gonne. Ainsi, pour les patientes jeunes, la question de la fertilité est abordée dès l’annonce de la maladie. « Pour celles qui ont encore un désir de grossesse, nous proposons une préservation ovarienne, qui permet de congeler les ovocytes ou une partie du tissu ovarien. » De récentes études ont par ailleurs montré que l’interruption temporaire de l’hormonothérapie – souvent administrée sur une durée de cinq à dix ans après un cancer du sein – est, dans certains cas de figure et face à des conditions bien définies, sans risque pour les patientes. « Elles peuvent donc mettre en pause leur hormonothérapie après deux ans, être enceintes et même allaiter si elles le souhaitent, avant de reprendre leur traitement. » On sait aujourd’hui que certains traitements de chimiothérapie comme les anthracyclines ont des effets cardiotoxiques, augmentant le risque de maladies cardiovasculaires. « C’est d’autant plus un problème quand les patientes sont jeunes et quand elles ont reçu une radiothérapie au niveau du sein gauche, c’est-àdire en face du cœur, poursuit Élodie Gonne. Leur risque de faire un infarctus 10 à 15 ans après le traitement doit donc être pris en compte : on va par exemple leur donner plus précocement un traitement contre le cholestérol mais aussi les encourager à pratiquer une activité physique régulière. » Les études ont en effet montré que l’exercice physique diminuait non seulement le risque cardiovasculaire mais aussi, spécifiquement, le risque de rechute dans le cancer du sein. Il permet également de mieux supporter les effets secondaires des traitements, qui provoquent souvent un déconditionnement physique important. « La majorité des patientes sont très satisfaites par les programmes de revalidation sportive, souligne le Pr Guy Jérusalem. Non seulement cela leur permet de se sentir mieux physiquement, de réduire le risque de récidive, mais cela a aussi un impact psychologique très positif. Certaines ne voient pas l’intérêt d’aller chez le psy mais, par la force des choses, quand elles discutent toutes les semaines avec leur kiné ou se rendent à leur activité sportive, cela a un impact psychologique. » Plus largement, pointe Pierre Foidart, « c’est encourageant, en tant que clinicien, de voir les progrès réalisés ces 20 dernières années et de savoir que la recherche continue et amènera encore des améliorations, en termes de survie et qualité de vie ». Affronter un cancer n’est pas seulement difficile sur le moment, cela le reste aussi après. « Une patiente me disait récemment que, pendant son traitement, elle avait l’impression d’avoir gravi une montagne en étant très bien entourée, avec toute une cordée autour d’elle. Mais qu’ensuite, lorsque les traitements lourds ont pris fin, elle avait eu la sensation d’avoir été laissée toute seule en haut de cette montagne », rapporte encore Élodie Gonne. Accompagner la redescente dans ses dimensions médicale, psychologique et sociale a donc toute son importance. COLLOQUE Liège translational breast cancer symposium From breast cancer biology to precision medicine : bridging discovery, tumor evolution and therapeutic innovation. Le 27 novembre dès 9h15, GIGA ULiège (B34), Sart Tilman, 4000 Liège. * www.facmed.uliege.be SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 16 À LA UNE

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