LQJ : Hausse du minerval pour cette rentrée, précarité de nombreux étudiants : comment se positionne l’ULiège ? A-S.N. : Je tiens, avec ma casquette de présidente du Conseil des rectrices et recteurs francophones (Cref) [Ndlr : Anne-Sophie Nyssen occupera encore ce poste durant l’année 2026-27], à rappeler que le minerval, passé de 835 à 1194 euros, ne couvre même pas 1/10e du coût réel d’une année d’étude universitaire. L’augmentation correspond au rattrapage de l’indexation qui n’existait pas. Le reste du coût des études est financé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle-même endettée, et donc par l’ensemble des citoyens de cette Fédération, qui n’envoient pas toutes et tous des enfants à l’université. Dans ce contexte, il ne me semble pas anormal de demander aux parents qui le peuvent une contribution de cet ordre pour le bénéfice des diplômes obtenus. Cela étant posé, tous les parents et tous les étudiants ne peuvent pas nécessairement assumer une telle dépense. Pour garantir la réalité d’une université publique accessible à tous, un mécanisme d’aide est nécessaire. Pour cela, la Fédération Wallonie-Bruxelles a modifié son système de bourses en introduisant un palier supplémentaire pour compenser l’augmentation. Il faudra néanmoins mesurer l’efficacité réelle de cette mesure. En attendant, à l’université de Liège, nous avons adapté notre système d’aides pour garantir l’accès aux études aux étudiants en difficulté. Via notre budget social, et après une analyse fine de la situation individuelle et familiale, nous pourrons décider d’octroyer certaines bourses aux étudiants qui ne répondent pas aux critères serrés de la Fédération. C’est un travail important, du cas par cas, mais il en vaut la peine. LQJ : Où en est le projet de relocaliser certaines facultés de l’ULiège au centre de la ville ? A-S.N. : J’y suis personnellement favorable. Cela présenterait des avantages pour les étudiants concernés. Cela a aussi du sens de relocaliser au cœur de la cité certaines facultés – comme celles de Droit, Science politique et Criminologie ou de Sciences sociales – autour d’un véritable “quartier latin universitaire”. Revenir en ville nous permettrait aussi de récupérer de l’espace sur le campus du Sart Tilman, où l’on manque de place pour l’expansion de certaines de nos activités. En outre, la Ville de Liège nous sollicite vivement pour redynamiser le centreville. Je tiens néanmoins à souligner les investissements importants menés ces dernières années par l’ULiège au centre-ville en matière de rénovation et d’extension. Il suffit de regarder la façade du bâtiment central place du 20-Août, les rénovations en faculté de Philosophie et Lettres, l’expansion de HEC Liège, le projet en faculté d’Architecture ou encore la rénovation de l’Aquarium-Museum. Mais le projet est loin d’être simple. Il faut avoir conscience que c’est un gros investissement qu’il va falloir, dans tous les cas, garder raisonnable. Par ailleurs, nous avons besoin de l’adhésion des facultés concernées. En outre, après trois ans d’efforts soutenus de ma part et de la part de nos services pour réaliser ce projet, force est de constater qu’il est extrêmement difficile de le concrétiser dans le contexte liégeois. D’une part, nous ne pouvons compter sur aucun soutien financier externe et, d’autre part, les obstacles posés par le jeu des différents intérêts publics et privés risquent finalement de mettre un terme à mon engagement. Toutefois des négociations restent en cours et j’espère encore pouvoir aboutir. * Lire le portrait des trois docteur·es honoris causa en pages 26-27 SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 25 ALMA MATER RENTRÉE ACADÉMIQUE La cérémonie de Rentrée académique 2026-2027 à l’université de Liège, placée sous le thème “Lucidité, courage, créativité”, aura lieu le 22 septembre à 16h aux amphithéâtres de l’Europe (B4, campus du Sart Tilman), boulevard du Rectorat à 4000 Liège. * www.news.uliege.be/ra2026
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