Shutterstock-PeopleImages Un enfant sur quatre, en Belgique, est à risque de pauvreté. Ce chiffre provient de l’indicateur européen AROPE (At risk of poverty or social exclusion) qui allie trois mesures : le niveau de revenu médian de la famille (le seuil de pauvreté est conventionnellement fixé à 60 % du revenu médian national), le taux de privation matérielle et sociale (accès à l’alimentation, aux activités, à l’équipement domestique, etc.) et la “force de travail” (nombre de travailleurs et travailleuses dans le ménage). « Depuis que l’on prend la mesure de ces indicateurs, soit depuis une trentaine d’années, on affine de plus en plus l’analyse et il est clair que malgré une diminution statistique légère du risque de pauvreté en Belgique, les différents travaux de recherche menés dans ce domaine attestent que la pauvreté et la pauvreté infantile ne diminuent pas, bien au contraire », souligne Nicolas Jacquet, post-doctorant en faculté des Sciences sociales, qui a consacré sa thèse à la lutte contre la pauvreté infantile. Il précise que les familles monoparentales et les personnes isolées sont la cible première de cette grande précarité. Une autre variable est intimement liée à la pauvreté des enfants : il s’agit du décrochage scolaire. « Il existe un lien profond entre les inégalités économiques et l’école. La précarité économique et culturelle rejaillit en milieu scolaire ; on y voit une véritable reproduction sociale. Dès la primaire, il y a par exemple une confrontation entre le niveau de langue parlé à la maison et celui de l’école », pointe le chercheur. Avec d’autres intervenants et intervenantes, dont la Pre en Social Entrepreneurship Sybille Mertens (HEC Liège), Nicolas Jacquet participe le 8 octobre au colloque “Agir et construire ensemble des ponts pour un avenir meilleur : soutenir les talents de demain. Réflexions sur la pauvreté infantile et ses impacts sur le décrochage scolaire”, organisé à l’ULiège par la fondation Reine Paola. Cette journée d’étude réunit des acteurs scientifiques et de la société civile – associations, écoles de devoirs, intervenants sociaux –, comme le délégué général aux droits de l’enfant, Solayman Laqdim. « Prenant le relais d’une philanthropie axée sur des projets ponctuels, nous voyons émerger désormais une “néophilanthropie” soucieuse de mener des actions sur le long terme, de soutenir des enfants jusqu’à leur majorité », observe Nicolas Jacquet*. Il parle d’une « restructuration du champ de la lutte contre la pauvreté » puisque les CPAS et organes d’aide sociale s’appuyent de plus en plus sur les fondations – fondations financées par des legs de particuliers, par des dons et héritages et par des entreprises, en réponse à la démarche de “responsabilité sociétale”. Le colloque, dont l’objectif est de créer un espace de réflexion entre acteurs de terrain, académiques et entreprises, entend créer des synergies pour améliorer la lutte contre le décrochage scolaire et la santé mentale des jeunes, conséquences directes de la pauvreté infantile. * “The Un/Deserving Child: philanthropic philosophies and practices in Combating child poverty”, Nicolas Jacquet, 2022 : https://orbi. uliege.be/handle/2268/295854 COLLOQUE 8 octobre de 9 à 16h, place du 20-Août, 4000 Liège * www.news.uliege.be/colloque-fondation-reine-paola-2026 Soutenir les talents de demain PAUVRETÉ INFANTILE ET DÉCROCHAGE SCOLAIRE SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 31 OMNI SCIENCES
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