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le niveau des jeunes. Cela illustre la difficulté de former des étudiants souhaitant enseigner, dans la perspective d’un métier qui est en perpétuelle reconstruction. LQJ : On parle souvent de “vocation” pour se lancer dans cette carrière. C’est une réalité ou une vision des choses qui pourrait freiner certains ? M-N.H. : La technique d’enseigner, cela s’apprend, très clairement. Mais l’envie sociétale d’être aux côtés des enfants et adolescents, le goût de transmettre doivent être présents pour s’orienter vers ce métier. L’enseignant est là pour former des jeunes. Un professeur aujourd’hui ne “recrache” pas la discipline apprise à l’université. Il faut faire le deuil de cette idée. Il y a énormément de méconnaissance sur ces études. Nous devons mieux expliquer aux jeunes en âge de s’orienter ce qu’est l’enseignement en maternelle, primaire, secondaire. La RFIE, même si elle n’est pas parfaite, pourrait contribuer à changer cette vision-là. LQJ : Quels aspects positifs voyez-vous à cette réforme ? M-N.H. : Nous aurons une vue complète à la rentrée 2027-28, lorsque coïncideront toutes les premières diplomations d’étudiants “nouvellement” formés au métier de professeur. Mais j’y vois déjà plusieurs aspects positifs. D’abord, un vrai dialogue de fond existe entre les institutions du consortium Liège-Luxembourg. C’était imposé par le décret, mais loin d’être gagné d’avance. Le résultat est que nous échangeons largement, partageons nos expertises, parlons du cœur de notre métier. Par ailleurs, cette réforme met – enfin ! – l’accent sur la didactique, qui est centrale. Qu’est-ce qu’enseigner ? Un mélange entre transmission des connaissances, pédagogie (comment motiver, évaluer l’élève ?) et didactique (comment apprendre et aider les élèves à dépasser les obstacles d’apprentissage posés par une matière précise ?). Enfin, la RFIE accorde une grande place à la recherche, en pédagogie et en didactique. Les futurs enseignants, au cours de leur apprentissage, se mettent aussi dans la peau de chercheurs, en observant leurs pratiques. Cet accent mis sur la posture de chercheur aide à développer, chez les futurs enseignants, les nouvelles compétences attendues et leur donnent des outils pour gérer l’incertitude de l’époque et du métier. LQJ : Reste que la réforme semble se heurter à quelques soucis, sur le terrain. M-N.H. : Les échanges avec le cabinet de la ministre de l’Enseignement secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles sont très compliqués. Les informations ne suivent pas de leur côté et il nous faut davantage de contacts directs. Par exemple, les futurs enseignants du secondaire supérieur doivent désormais faire un stage de trois à quatre mois, en immersion dans la vie de l’école, contre 40 heures sur le terrain précédemment. C’est donc une excellente décision pour se préparer au mieux au métier. Mais l’opérationnalisation tarde. Le projet de convention pour ces stages a été reçu en fin d’année, alors que tout était évidemment déjà lancé. C’est le flou artistique et nous avons dû bricoler. Autre chose : nous avons reçu, fin juin, les documents pour préparer la rentrée. Quelle pression ! Cela rend notre position très difficile. De façon générale, le cabinet n’a pas l’air de tenir compte de la réalité du terrain. Cela s’est marqué dans la rue. Néanmoins, dans le fond, j’y crois à cette réforme. Il fallait que quelque chose bouge. Il est urgent d’accompagner mieux les futurs professeurs. * La réforme de la formation initiale des enseignant·es (RFIE), régie par un décret de la Fédération WallonieBruxelles, regroupe plusieurs institutions d’enseignement supérieur afin de repenser de façon transversale la formation des instituteur·rices de maternelle et primaire et des professeur·es du secondaire. Le consortium Liège-Luxembourg rassemble l’ULiège, cinq Hautes Écoles (HECH, HELMo, HEL, HEPL et HERS) et trois Écoles supérieures artistiques (Beaux-Arts, Saint-Luc et Conservatoire). La réforme a commencé à être mise en place en 2023 en HE et ESA et en 2025 dans les universités. Le parcours de formation s’organise en cinq sections, durant de quatre à cinq ans de formation. * lire l’article paru dans Le Quinzième Jour n°286 (septembre 2023), “Entre raison et passion”. ** Les facultés de Philosophie et Lettres, de Sciences et de Médecine sont les principales concernées, où sont formés la majorité des futur·es professeur es du degré supérieur – éducation physique, sciences biologiques, langues, mathématiques, français, histoire, etc. SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 30 UNIVERS CITÉ

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