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Jean-François Kaux le souligne : la littérature scientifique sur la prise en charge mécanique et physiologique des musiciens n’est pas aussi fournie que celle sur les sportifs – avec une nuance pour les chanteurs, un domaine où l’on voit, indique Lionel Lejeune, des chercheurs-musiciens, passionnés, investiguer scientifiquement certaines questions liées à la pratique. Et si, dans le milieu du sport, il est très courant de faire de la prévention au sujet des blessures, c’est moins le cas dans le monde de la musique. Bénédicte Forthomme note que quelques travaux de fin d’études ont déjà été réalisés en kinésithérapie sur la prévention lésionnelle dans les Conservatoires de musique, mais confirme que la recherche est à amplifier. Selon elle, plusieurs axes de recherche, pluridisciplinaires, sont prioritaires pour améliorer la santé des musiciens professionnels, comme l’analyse biomécanique et l’analyse de la prévention lésionnelle. La professeure, elle-même spécialisée dans l’étude de l’épaule sportive, travaille notamment au sein du Laboratoire d’analyse du mouvement humain (LAMH), un projet interfacultaire mené avec les ingénieurs de la faculté des Sciences appliquées de l’ULiège, basé sur l’utilisation de capteurs placés sur le corps qui permettent une étude des patients en 3D. Une technique et une expertise qui pourraient être transposées à la MusiClinic. Parmi les facteurs de risque des musiciens, pointés par les professionnels : la position, la posture générale ou encore la (sur)charge d’entraînement. Sur ce dernier point, et toujours en analogie aux sportifs, Jean-François Kaux précise que l’hyperspécialisation est à éviter pour les enfants qui apprennent la musique dès leur plus jeune âge. Vu l’intensité de certaines répétitions, il préconise la même recommandation que pour les petits sportifs : ne pas faire plus d’heures de musique par semaine que le nombre d’années de l’enfant. Et, quel que soit l’âge, ne pas augmenter la charge, d’entraînement en entraînement, de plus de 10 %. À ses yeux, la prévention médicale dans le milieu musical – « une discipline neuve, en développement » – serait à intégrer au sein des établissements et institutions qui forment et emploient les musiciens, avec lesquels mettre en place des synergies. Un idéal de santé publique peutêtre difficile à atteindre dans un secteur qui, pointe-t-il, « n’est pas doté de grands moyens ». SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 34 OMNI SCIENCES

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