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SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 58 UNIVERS CITÉ (cinq pendant les vacances scolaires). Un rythme exigeant. « C’était fatigant, surtout que j’avais un autre boulot à côté. Mais cela m’a appris beaucoup de choses. Au niveau de la maturité aussi, cette formation m’a aidée. » Aujourd’hui, ce parcours a porté ses fruits : son diplôme en poche, elle travaille désormais dans un cabinet vétérinaire. « Sans avoir fait mes stages ici, je serais complètement perdue. J’ai appris énormément de choses : tenir correctement les animaux, effectuer leur toilette, les préparer pour une chirurgie, aider aux soins, approvisionner les stocks. » « Les stagiaires qui suivent une formation en alternance deviennent progressivement des membres à part entière de l’équipe de la clinique », explique Stéphanie Noël, chirurgienne, professeure associée à la faculté de Médecine vétérinaire et responsable de la supervision des stages. « Au début, on leur montre les tâches, puis le but est qu’ils et elles deviennent autonomes. On les considère vraiment comme de jeunes collègues. » Les élèves passent par différents services : hospitalisation, soins intensifs, bloc opératoire, médecine zoologique. Une diversité qu’ils ne rencontreraient pas dans une petite structure. « C’est très varié », confirme Elyne. La jeune femme se souvient d’une intervention qui l’a particulièrement marquée : une césarienne au cours de laquelle elle a participé à la réanimation des chiots nouveau-nés. « Il fallait les masser pour faire sortir les liquides des poumons et les aspirer avec une petite pipette. C’était impressionnant. » Gwendoline, quant à elle, garde surtout en mémoire l’histoire de Kocio, un chien hospitalisé pendant près de deux mois après une amputation compliquée. « J’en parlais tout à l’heure avec d’anciennes collègues. On aimerait avoir de ses nouvelles. Il est resté tellement longtemps avec nous qu’on s’y était attachés. » Car c’est cela aussi, le quotidien de ces futurs professionnels et professionnelles : créer un lien avec les animaux, les accompagner dans leur rétablissement et parfois se lier d’affection à eux. L’intérêt de ce partenariat va au-delà de l’acquisition de compétences techniques. « C’est très enrichissant de les voir progresser, confie Stéphanie Noël. Au début de l’année, Elyne était très réservée. Aujourd’hui, elle communique beaucoup plus et est devenue autonome dans toute une série de tâches. » La principale intéressée confirme : « J’ose davantage poser des questions. » L’expérience est aussi une école de la vie professionnelle. Les jeunes apprennent à travailler dans une grande équipe, à communiquer avec des profils différents et à s’adapter à un environnement exigeant. « Ce n’est pas toujours simple d’intégrer des adolescents dans le monde professionnel. Mais quand on voit qu’une année se passe bien et qu’ils trouvent ensuite leur voie, c’est une vraie satisfaction », ajoute la professeure. UNE COLLABORATION WIN-WIN Ce partenariat vient aussi bousculer certaines idées reçues, comme le fait que travailler à l’Université serait réservé aux universitaires. « Ce n’est pas le cas, insiste Stéphanie Noël. Pour que le travail en équipe fonctionne, nous avons besoin de différents profils, dont les auxiliaires de soins. L’intervention chirurgicale n’est qu’une partie du travail et ne sera pas efficace si l’animal n’est pas dans de bonnes conditions, avant et après l’opération. » Accueillir des élèves de l’enseignement professionnel est donc un véritable win-win. « Je trouve important qu’une université puisse aussi aider des jeunes à se former via des parcours moins classiques », souligne encore la chirurgienne. Parfois, cette collaboration débouche sur un emploi. La clinique a déjà engagé une ancienne élève de l’institut Maria Goretti. D’autres, comme Gwendoline, ont trouvé rapidement leur place dans le secteur. Face au décrochage scolaire et aux difficultés d’orientation, ces parcours racontent une autre histoire : celle de jeunes trouvant leur voie au contact des animaux et en lien avec des équipes qui leur ont donné une chance et ont cru en leur potentiel.

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