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hommes/femmes dans les noms de salles, privilégier le nom de personnes décédées afin d’avoir du recul sur leur parcours (ou redoubler d’attention dans le choix posé pour des personnes toujours en vie), panacher les figures de renommée internationale et celles liées à l’ULiège, choisir avec précaution les salles attribuées à des femmes, en tenant compte notamment de leur taille et fréquence d’utilisation. Plusieurs Facultés ont déjà procédé à des inaugurations (Philosophie et Lettres, Médecine, Sciences appliquées, Sciences sociales, Droit, Science politique et Criminologie) ou s’apprêtent à le faire en cette rentrée (Sciences), certaines avaient déjà féminisé des locaux tout juste rénovés (Architecture, amphithéâtres interfacultaires du site Opéra), quand d’autres y travaillent toujours et organiseront, elles aussi, leur propre cérémonie (Psychologie, Logopédie et Sciences de l’éducation, HEC-Liège, Gembloux Agro Bio-Tech, Médecine vétérinaire). Parmi tous les nouveaux cartels installés sur les campus, on trouve donc des scientifiques de disciplines enseignées à l’ULiège, des chercheuses illustres, des premières étudiantes d’une Faculté ou encore quelques femmes marquantes, hors de la sphère universitaire. « Le processus, qui est sous la responsabilité, la liberté et la créativité de chaque Faculté, est tout aussi important que le résultat, note Florence Caeymaex. Et cela devient un débat public. Parfois animé, parfois controversé. On sent en tout cas qu’il se passe quelque chose. » Et, pointet-elle, alors que certaines mesures matérielles visant l’égalité ne suscitent aucun frein – « et c’est heureux ! » –, la mise à l’honneur symbolique de femmes sorties de l’ombre a quelques fois provoqué des résistances, soit de façon affirmée, soit par un embarras à devoir prendre à bras-le-corps un sujet qui bouscule certaines traditions académiques. Une situation qu’a vécue Mona Claro, par ailleurs membre de la commission de féminisation des bâtiments du B31, regroupant les facultés de Sciences sociales et de Droit, Science politique et Criminologie, où le processus a été « très long et frustrant ». « Certaines propositions se sont heurtées à de vives oppositions et nous avons dû batailler pour légitimer des choix », regrette-t-elle. À noter aussi que la démarche n’est pas tout à fait la même s’il s’agit de baptiser une salle nouvelle ou dotée jusque-là d’un numéro, ou s’il est question de “débaptiser” un lieu de son nom d’homme pour y apposer celui d’une femme… « Cette résistance dans le monde académique est le reflet des blocages dans la société, où de nombreuses personnes s’opposent aux processus d’égalité, sous prétexte que ces choix constitueraient une discrimination inversée, alors qu’il s’agit en réalité de ce qu’on appelle une “action positive”. Dans 10 ans, 20 ans, espérons que tout cela soit normalisé », ajoute Bastien Bomans. « Dire, pour justifier son opposition, que ce type d’action “donne un privilège aux femmes” est tout à fait faux. Il s’agit, et cela a été légiféré voici quelques années, d’une mesure correctrice vis-à-vis d’une inégalité existant au préalable », cadre Florence Caeymaex. Reste qu’un gros travail, majoritairement serein, a déjà été accompli et se poursuit « dans un processus au long cours qui dépasse les locaux, car il faut visibiliser aussi les femmes dans le contenu des cours, les conférences, les comités… », précise Bastien Bomans. Le mouvement pourrait aussi, idéalement, prendre un tournant intersectionnel et faire converger féminisme et lutte contre le racisme, en valorisant des chercheuses racisées, par exemple. Au-delà des Facultés, le CGE s’attelle à renommer des grands amphithéâtres partagés (comme les amphis de l’Europe) et des salles de prestige. Une liste de noms de femmes et d’hommes de renom, non liés à une discipline précise, sera prochainement proposée à la communauté universitaire, afin d’aboutir à un choix collectif, et engagé. * L’“effet Matthieu” ou “effet Saint-Matthieu”, conceptualisé en 1968 par Robert Merton, sociologue des sciences, consiste en l’accumulation croissante de la reconnaissance pour certaines contributions scientifiques de chercheurs considérablement réputés et en la rétention de cette reconnaissance pour les scientifiques qui n’ont pas encore établi leur réputation au même niveau. ** L’“effet Matilda”, en référence à la militante féministe américaine du 19e siècle Matilda Joslyn Gage (qui avait remarqué que des hommes s’attribuaient les pensées intellectuelles des femmes), décrit le déni, la spoliation ou la minimisation récurrente et systémique de la contribution des femmes à la recherche scientifique, dont le travail est souvent attribué à leurs collègues masculins. Ce phénomène se retrouve aussi en cas de découvertes simultanées, où le seul nom retenu est bien souvent celui du découvreur masculin. * liste complète des féminisations de noms de salles : www.news.uliege.be/feminisation-uliege SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 66 ALMA MATER

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