Mises à l’honneur

Docteur·es honoris causa

Dans L'invité·e
Alain Aspect | Yasmine Belkaid | Thomas Ostermeier | ©️ Fabien Denoël

Au cours de l’année académique prochaine, la rectrice Anne-Sophie Nyssen décernera les insignes de docteur·e honoris causa à trois personnalités de haut vol. Elles donneront chacune, à l'occasion de leur venue à l'université de Liège, une conférence ouverte à toutes et tous.

Alain Aspect 

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rix Nobel de physique, aux côtés de John Clauser et d’Anton Zeilinger, en 2022, le Pr Alain Aspect a été élu à l’Académie française le 26 juin dernier. Une reconnaissance supplémentaire pour celui dont les recherches ont eu un impact significatif sur le développement des technologies quantiques, notamment dans les domaines de l’informatique et de la cryptographie quantiques. 

Après avoir enseigné à l’École normale supérieure de Yaoundé, au Cameroun, Alain Aspect rejoint l’Institut d’optique d’Orsay pour ses recherches doctorales. Entre 1981 et 1982, il mène des expériences décisives, confirmant les prédictions de la mécanique quantique concernant l’intrication des photons. En 1992, il fonde un groupe de recherche en optique atomique qui explore les interactions entre lumière et matière à des échelles nanométriques. Le chercheur collabore aussi avec Claude Cohen-Tannoudji (également prix Nobel de physique et docteur honoris causa de l’ULiège) sur le refroidissement des atomes par laser, contribuant ainsi au développement de techniques qui permettent d’atteindre des températures extrêmement basses proches du zéro absolu. 

Professeur à l’université de Paris-Saclay et à l’École polytechnique de Paris, Alain Aspect s’exprime volontiers sur l’importance du soutien de la science. Il insiste sur les conditions d’un travail scientifique libre et sur le rôle des découvertes fondamentales lesquelles réclament que les scientifiques osent bousculer les limites de leurs propres certitudes. 

Également membre de l’Académie des sciences, Alain Aspect a reçu de nombreuses distinctions : citons la médaille d’or du CNRS en 2005, la médaille Albert-Einstein en 2012 et la médaille d’or Niels-Bohr de l’Unesco en 2013.  


Conférence le 9 mars 2026  

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Yasmine Belkaid 

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asmine Belkaid est une passionnée. Cela fait 30 ans qu’elle ambitionne de comprendre les interactions entre les microbes et le système immunitaire humain. Formée à la biochimie à l’université de la technologie Houari-Moumédiène d’Alger, la fille d’Aboubakr Belkaid se lance dans la recherche et, en 1996, soutient à l’Institut Pasteur de Paris une thèse de doctorat portant sur les réponses immunitaires face au parasite Leishmania. Elle effectue ensuite un post-doctorat au National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) dans le Maryland, aux États-Unis. En 2002, elle rejoint la division d’immunologie moléculaire du Cincinnati Children’s Hospital Medical Center, avant de retourner au NIAID en tant que responsable de l’unité d’immunologie des muqueuses. 

Ses recherches se concentrent sur les mécanismes des interactions hôte-microbe, notamment dans le tractus gastro-intestinal et sur la peau, et sur la manière dont le système immunitaire distingue les microbes bénéfiques des pathogènes. Ses travaux ont, entre autres, mis en évidence le rôle des bactéries cutanées bénéfiques dans la défense immunitaire et la cicatrisation des plaies. De plus, elle a étudié l’impact des déséquilibres du microbiote sur des maladies inflammatoires chroniques telles que la maladie de Crohn et le psoriasis. Titulaire de la médaille d’or de l’Union internationale de biochimie et de biologie moléculaire en 2013, Yasmine Belkaid a reçu le prix Sanofi-Institut Pasteur en 2016 et le prix Robert Koch en 2021. Elle est également membre de plusieurs académies prestigieuses, telles que l’Académie nationale des sciences et l’Académie nationale de médecine aux États-Unis. 

En 2024, la chercheuse décide de revenir vivre en France pour prendre la direction du prestigieux centre de recherche biomédicale Institut Pasteur. Un choix motivé aussi par son engagement à préserver les valeurs fondamentales de la science et à promouvoir la diversité au sein de la société, contre “le repli sur soi, la haine de l’autre et l’indifférence au sort des plus faibles”.


Conférence le 17 novembre 2025 

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Thomas Ostermeier

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rand habitué du Festival d’Avignon, Thomas Ostermeier a présenté cet été une adaptation du Canard sauvage d’Ibsen. Figure majeure des arts scéniques contemporains, il est notamment connu pour son travail sur le rythme au théâtre, pour son ambition de créer un espace de jeu “plus vivant que la vie”, en resserrant le temps scénique pour refléter le rythme accéléré de la société contemporaine. 

Ses mises en scène – on pense à Hamlet et Woyzeck, sont audacieuses et témoignent de sa capacité à revisiter les grands textes classiques à la lumière des enjeux sociopolitiques actuels. À travers ses créations, il offre au public une réflexion profonde sur notre société, interrogeant ses tensions et ses mutations avec intensité.

Directeur artistique de la Baracke, une annexe du Deutsches Theater de Berlin, de 1996 à 1999, il présente des œuvres de Nicky Silver, David Harrower, Alexeï Chipenko et Enda Walsh, explorant des thèmes liés aux conflits générationnels et aux alternatives sociales face au capitalisme. Depuis 1999, il est le directeur artistique de la Schaubühne à Berlin (aux côtés de la chorégraphe Sasha Waltz) et son aura dépasse les frontières. Il est nommé Artiste associé pour le Festival d’Avignon en 2004, et Officier des Arts et des Lettres en 2009 par le ministre de la Culture français, Frédéric Mitterrand. 

Parmi ses publications, on compte Le Théâtre et la Peur et Au cœur de la violence (en collaboration avec l’écrivain Édouard Louis). Ses contributions au théâtre ont été récompensées par plusieurs distinctions, dont le prix “Europe Réalités Théâtrales” en 2000. 

Conférence le 11 décembre 2025 

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