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latéraux, ce qui est plus compliqué dans les villes, où la place de la rivière a été endiguée et fort restreinte. On peut retravailler le fond de rivière, surélever les ponts, favoriser des structures autoportantes pour limiter les piliers, qui ont retenu de nombreux embâcles [ndlr : accumulation de matériel] charriés par la crue. Il y a enfin la question des expropriations. L’évolution climatique rend certaines zones bâties difficilement habitables. Le seul moyen de réduire le risque y est de supprimer les habitations, ce qui peut permettre en outre d’y redéployer la rivière. » MODREC continue d’être utilisé pour conseiller l’administration sur diverses tâches de modélisation relatives à d’autres rivières. Le HECE se pose également en consultant sur la question des barrages. « De grands barrages restent des ouvrages limitant les crues tout en prévoyant des stocks d’eau conséquents en cas de sécheresse, soutient Pierre Archambeau. Le barrage de la Vesdre, par exemple, a une capacité totale de 25 millions de m3. Lors des inondations, il est entré en amont 14 millions de m3. Seuls de grands ouvrages auront un impact significatif pour de tels événements. Ce ne sont pas les seules solutions, et nous ne pourrons pas éviter tous les risques. Or, la vigilance et l’énergie diminuent. Cinq ans après un événement traumatisant, les incidents tombent dans une forme d’oubli collectif. C’est humain. Mais il y a encore beaucoup à faire. » HYDROLOGIE RÉGÉNÉRATIVE Artificialisation des sols, drainages, rectification des cours d’eau… Nous avons fortement accéléré et perturbé le cycle de l’eau. Ralentir, temporiser et stocker un maximum d’eau dans les paysages, les nappes, les sols et la végétation de manière à mieux résister aux intempéries, mais aussi aux sécheresses : l’hydrologie régénérative peut réduire la vulnérabilité des bassins versants. « Cette approche vise à restaurer les cycles de l’eau, explique Aurore Degré, professeure de physique des sols et d’hydrologie à Gembloux Agro-Bio Tech, et donc à restaurer l’infiltration et l’évaporation, plutôt que de laisser ruisseler l’eau trop rapidement vers la rivière. On s’appuie pour cela sur des processus fondés sur la nature et qui impliquent le vivant. Cela signifie replanter les haies, modifier les types de forêts, multiplier les mares et étangs, changer les formes d’agriculture. Il ne s’agit pas de revenir en arrière, mais de nous préparer à un climat futur jamais observé jusqu’ici. Certaines recettes du passé sont utiles, mais il faut aussi en inventer de nouvelles. » L’hydrologie régénérative s’écarte de l’idée d’une nature comme décor symétrique et maîtrisé. « Dans le cadre de MODREC**, nous avons modélisé les réponses du territoire de la Vesdre aux précipitations, ce qui a abouti à une série de mesures préconisées pour soulager le travail des hydrauliciens. » Passer du modèle à l’aménagement, c’est la seconde phase, MODREC 2, en partenariat avec le Contrat de rivière Vesdre. Trois communes se sont révélées particulièrement dynamiques : Herve, Theux et Jalhay. Elles se sont engagées à un dialogue pour aménager de petites zones de 2 à 4 km2, baptisées “territoires d’innovations hydrologiques”. « Nous réunissons forestiers, agriculteurs, propriétaires, habitants, ** “Modélisation hydrologique du bassin versant de la Vesdre” : https://orbi.uliege.be/handle/2268/314437 G. Vlaminck MAI-AOÛT 2026 I 294 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 13 À LA UNE

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