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gestionnaires et communes pour mettre en place des plans d’aménagement dont nous avons modélisé l’efficacité. Nous espérons qu’ils serviront de cas d’école pour se multiplier dans une solidarité amont-aval et plateau-fond de vallée. Mais le chemin est long. » Sur le plateau de Herve, l’implantation de mares ainsi qu’un remaillage de haies pourrait réduire de plus de 50 % le débit de pointe à l’exutoire [ndlr : débit maximum à la sortie d’un bassin versant] lors des précipitations intenses. « Les haies abritent tout un écosystème, plongent leurs racines en profondeur, facilitent l’infiltration et favorisent l’évapotranspiration. Mais taillées au cordeau, elles sont nettement moins efficaces, précise Aurore Degré. Elles réduisent en outre les parcelles et freinent le ruissellement de l’eau lors des précipitations. En ce qui concerne les Hautes Fagnes, multiplier les points d’eau, rediversifier les forêts sont des priorités absolues, la monoculture d’épicéas ayant drastiquement acidifié et appauvri les sols. Et enfin, avec une grande déclivité, le débit de la Hoëgne, principal affluent de la Vesdre, est particulièrement rapide. Pourtant, un meilleur aménagement de ses berges pourrait significativement le ralentir. La réimplantation des feuillus est à l’étude dans les zones forestières, mêlée à des mares et petites retenues d’eau, ainsi qu’une optimisation des lieux de passage des machines pour éviter le compactage des sols liés aux pratiques sylvicoles. Un autre chantier visera à dévier les drains existants vers la forêt, où l’eau pourra s’infiltrer lentement. » Le basculement reste difficile, notamment parce que nous nous sommes habitués aux “paysages simplifiés”. Ce n’est pas évident d’imaginer un paysage diversifié, en désordre. Il y a un enjeu à ensauvager l’imaginaire, à visualiser des paysages complexes, “en bazar”, mais luxuriants. « L’hydrologie regorge de solutions. Pour les mettre en place, il faut convaincre au-delà des cercles de théoriciens et des gens du terrain, qui sont sensibilisés à la question. Depuis les inondations, il y a eu un grand travail sur la gestion de l’urgence. Mais la restauration s’opère encore trop largement de manière palliative, alors que nous devrions tout mettre en œuvre pour préparer nos territoires à un climat futur intense. C’est plus lent, plus compliqué et plus exigeant. Mais c’est possible », conclut Aurore Degré. DES ERREURS À ÉVITER Bien anticiper les risques, c’est aussi s’entourer d’interlocuteurs avisés pour éviter des actions regrettables au moment de la crise. C’est l’enseignement à tirer, notamment en ce qui concerne le curage. Geoffrey D. Houcmant-Goldo D. Houcmant-Goldo D. Houcmant-Goldo N. Hyer MAI-AOÛT 2026 I 294 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 14 À LA UNE

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