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qui regroupe près d’une trentaine d’instituts de recherche en épidémiosurveillance, et, au niveau mondial, de faire partie du Global Outbreak Alert and Response Network (GOARN) de l’OMS. L’ULiège peut également se prévaloir de compétences de recherches menées parfois depuis des décennies. C’est le cas en immuno-infectiologie où les travaux des chercheurs liégeois ont conduit à des avancées majeures dans la biologie des cellules myéloïdes, les interactions virushôte et les mécanismes d’immunorégulation. Une même expertise est reconnue dans le domaine de l’isolement et de la caractérisation en laboratoire de nouveaux agents infectieux, ce qui permet la détection rapide d’agents émergents chez l’humain, les animaux domestiques et la faune sauvage – un savoir-faire rare. « Nous avons les compétences scientifiques, mais il faut continuellement être au top avec des infrastructures de laboratoires crédibles pour jouer un vrai rôle. Avec le projet InDeEp, nous maintenons l’université de Liège comme un acteur crédible », souligne Laurent Gillet. D’OÙ VIENDRA LA PROCHAINE ÉPIDÉMIE ? Si l’on ne peut prédire où et quand aura lieu l’épidémie suivante, les experts s’accordent sur le fait que la prochaine pandémie immobilisant la planète ne viendra probablement pas d’un nouveau pathogène “X” (l’OMS parle de la “X Disease”, comme ce fut le cas du virus du VIH), bien d’une maladie que l’on connaît déjà mais que l’on néglige, cependant. À force de circuler, un virus peut finir par acquérir des mutations qui le rendent plus transmissible et virulent, renforçant ainsi son potentiel épidémique, voire pandémique. Dans l’œil du viseur ? Les mutations du SARS-CoV-2, le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, Ebola, le virus de Marburg ou la fièvre de Lassa, ainsi que des zoonoses comme le virus de la fièvre de la vallée du Rift ou le virus Nipah. « Les virus et agents pathogènes sont nombreux », avertit Gilles Darcis, qui cite aussi le virus mpox (la variole du singe), le virus de la rougeole qui refait surface en raison de l’insuffisance de la couverture vaccinale, des virus qui apparaissent dans nos régions à la faveur du changement climatique comme le virus du Nil occidental ou le virus du chikungunya transmis par le moustique tigre. Parallèlement, Gilles Darcis insiste sur une autre menace, l’antibiorésistance – une “pandémie silencieuse” qui constitue l’un des plus grands défis pour l’humanité selon l’OMS. * “One Health, une seule santé“, Labo4 : www.uliege.be/labo4 ** www.news.uliege.be/dhc-belkaid MAI-AOÛT 2026 I 294 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 27 OMNI SCIENCES PRIMARY CARE INDEEP L’Institut des épidémies développe un projet de veille épidémiologique en Wallonie intitulé Primary Care INDEEP (PC-INDEEP), en collaboration avec le département de médecine générale de l’ULiège. Il s’agit d’une infrastructure de recherche ancrée dans les soins primaires en Wallonie. L’objectif : constituer un réseau structuré de cabinets de médecine générale et de maisons de repos, formés et équipés pour collecter, de manière standardisée, des données cliniques et échantillons biologiques. Les soins primaires occupent une place stratégique dans la dynamique des épidémies : ils constituent le premier point de contact avec le système de santé, là où apparaissent les formes précoces, modérées ou atypiques des infections. Actuellement, les dispositifs de surveillance existants reposent principalement sur des données agrégées ou hospitalières. Il manque en Belgique une infrastructure capable de relier, en première ligne, l’observation clinique des médecins généralistes à des données biologiques exploitables, dans des délais compatibles avec la détection de signaux précoces. « PC-INDEEP ne vise pas à remplacer les systèmes nationaux de surveillance, explique Marina Digregorio. Nous nous situons clairement dans le champ de la recherche académique. La spécificité d’une université est de pouvoir développer des protocoles exploratoires, de tester de nouvelles méthodes analytiques, d’intégrer des approches innovantes comme la métagénomique et de documenter finement les trajectoires cliniques. Cette capacité d’analyse approfondie et méthodologique vient ainsi compléter les dispositifs de santé publique existants. »

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