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relatives à l’élaboration d’une politique en matière de prévention et de lutte contre ces violences. Par ailleurs, tout patient, s’il estime que ses droits concernant une prestation médicale n’ont pas été respectés, peut faire appel soit au service de médiation fédéral “Droits du patient” (si le praticien exerce en dehors d’un hôpital), soit au service de médiation de l’hôpital concerné. « Le rôle du médiateur, c’est vraiment de restaurer le dialogue. Mais s’il y a plainte, son intervention s’arrête instantanément », précise le Pr Frédéric Kridelka. En dehors des cas les plus graves d’atteinte à l’intégrité sexuelle émanant d’un professionnel de la santé2, il n’existe toutefois pas encore, en Belgique, de législation spécifique pour reconnaitre et sanctionner les violences ou maltraitances gynécologiques et obstétricales. Le principal cadre légal reste la loi du 22 aout 2002 relative aux droits des patients qui prône un consentement éclairé, avec information préalable. Pour Claire Paquet, l’information et son corollaire, le consentement, sont les bases de la bientraitance. « Dans ma pratique quotidienne, il est essentiel pour moi d’expliquer les gestes que je vais poser et de vérifier que j’ai le consentement de la patiente à chacune des étapes. Un consentement qui passe aussi par des silences, pas très longs, mais qui lui permettent de bien comprendre ce qui a été dit, et d’intervenir si elle le souhaite. » DES ATTENTES DE PLUS EN PLUS ÉLEVÉES Pour Frédéric Kridelka, il y a deux clés pour qu’une consultation se déroule bien. « La première, c’est d’expliquer notre réalité et d’être transparent, cela désamorce beaucoup de problèmes. La seconde, c’est de prendre un temps de pause. Une minute suffit souvent pour laisser à la patiente l’occasion d’exprimer son ressenti sur la consultation, et cela dédramatise bien des choses. » Les attentes des patientes sont aujourd’hui plus grandes en termes de communication, d’écoute et de participation aux soins prodigués. Par ailleurs, de plus en plus de femmes souhaitent mener leur grossesse et accouchement de façon plus naturelle. « Dans une naissance, il y a une dimension médicale, certes, mais aussi une dimension intime. C’est un événement dans une vie, pour un couple. Il est donc normal que les attentes soient élevées. Et lorsqu’il y a une petite – parfois infime – partie de notre mission qui ne se passe pas exactement comme on aurait pu l’anticiper, l’espérer ou l’attendre, cela peut être marquant et faire des dégâts. » Un constat confirmé dans le rapport du Sénat, qui indique que “selon les études, 10 à 30 % des patientes vivent leur accouchement comme traumatique” [lire encadré]. ÉCOUTE, BIENVEILLANCE, CONFIANCE Au CHU de Liège, une attention particulière est portée à l’information des futurs parents. La consultation prénatale à 24 semaines est un moment clé : elle permet de rencontrer les différents intervenants et d’informer les parents, mais aussi d’identifier les difficultés psychosociales et les situations potentiellement conflictuelles pour en discuter avant l’accouchement. Une charte de bientraitance y a également été mise en place en 2021. Elle est déclinée en 13 engagements3 parmi lesquels figure l’attention portée à la demande des couples d’être partie prenante du déroulement de la naissance. « Il est crucial pour nous d’inclure le ou la co-parent en obstétrique, souligne le Pr Frédéric Kridelka. C’est un atout extraordinaire pendant l’accouchement. En étant en confiance, il ou elle pourra rassurer la future maman pendant le travail. On doit avoir conscience que c’est une parentalité qui est en train de se jouer. Le ressenti du partenaire est essentiel. » Le CHU de Liège s’engage à prendre en compte, dans la mesure du possible, les projets de naissance. « Au cours d’une grossesse, nous avons l’occasion de rencontrer la patiente lors de plusieurs consultations, précise Claire Paquet. Ces moments servent à définir ses attentes, établir un climat d’écoute et de confiance. Cela permet d’expliquer que certaines demandes peuvent être tout à fait rencontrées, d’autres moins, et d’en expliquer les raisons. Je dis toujours que mon objectif, c’est d’assurer la sécurité et la bonne santé de la maman et de l’enfant. Une grossesse peut comporter des risques ! » On estime qu’en 2023, environ 87 % des décès maternels dans le monde (225 000 cas) sont survenus en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud4. En 2023, en Belgique, où l’accès au soin est bien encadré, 8,8 décès maternels ont été dénombrés pour 100 000 naissances5. La prévention des violences gynécologiques et obstétricales passe aussi par la formation des professionnels de santé. Le cursus des infirmiers et infirmières spécialisées, des sage-femmes ainsi que des obstétriciens et obstétriciennes comprend une partie théorique sur les accouchements physiologiques, sur la promotion du travail humanisé et MAI-AOÛT 2026 I 294 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 32 OMNI SCIENCES

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