sur la réduction de pratiques injustifiées. Mais il reste encore beaucoup de marge de progression. Un groupe de travail s’est constitué au sein de l’Ares (fédération des établissements d’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles) pour traduire les recommandations du rapport publié par le Sénat en 2024 dans les programmes et les stages. Les premiers résultats sont attendus pour les mois à venir. FORMER LES SOIGNANTS ET SOIGNANTES DE DEMAIN Le Pr Frédéric Kridelka n’a pas attendu cette échéance pour faire évoluer la formation : « La gynécologie est une spécialité particulière. Être devant un périnée, c’est tellement intime. Il faut adopter un comportement, des gestes et des paroles extrêmement respectueuses et adaptées à la patiente. Pouvoir tenir compte des individualités de chaque personne et de chaque situation est une compétence indispensable. Un cours introductif sur le comportement face à la patiente et à son périnée a lieu lorsqu’on aborde l’examen gynécologique. Des séances de simulation sur des bassins sont effectuées pour apprendre la mise en place d’un spéculum, la réalisation d’un frottis et d’un toucher vaginal de manière délicate. Des exercices d’éthique en lien avec les violences gynécologiques et obstétricales sont également réalisés avec la Pr Florence Caeymaex, titulaire de la chaire en éthique et humanités médicales à l’ULiège. Nous venons aussi d’ajouter deux heures de cours de sexologie pour former à aborder la sexualité d’un couple en consultation. Et comme l’a souligné ma collègue, une grande partie du soin, c’est le temps. Lors des cours, j’explique comment optimiser le temps d’une consultation. » L’ULiège fait figure d’exemple dans la sélection des futurs gynécologues et obstétriciens. « Maîtriser les gestes techniques ne suffit pas, il est indispensable d’avoir des compétences relationnelles. Le concours d’entrée à la spécialisation de gynécologie vient d’être reformaté : il va désormais inclure des mises en situation qui nous permettront de mieux appréhender la personnalité des futurs praticiens », insiste-t-il. Un apprentissage dont le Dr Claire Paquet a bénéficié, et qu’elle voit évoluer avec fierté. « Les assistants ont une préformation avant de démarrer des consultations, un bootcamp organisé par le Pr Frédéric Goffin où l’on reparle d’éthique, du libre choix par rapport à son corps, d’IVG... Au début, les consultations se font avec des collègues plus expérimentés. Et c’est peut-être la meilleure école. La transmission par l’exemple est essentielle. Les mentalités changent ! On est toujours en chemin, mais ça évolue énormément. » QUELQUES CHIFFRES • En Belgique, 1 enfant sur 5 naît par césarienne. • Une épisiotomie est pratiquée pour 34,9% des accouchements vaginaux en Flandre, 20,2% en Wallonie et 14,9% à Bruxelles. • Le pourcentage des accouchements avec induction (provocation médicale du début du travail) s’élève à 32,2% à Bruxelles, 31,1% en Wallonie et 26,2% en Flandre. Ces actes, lorsqu’ils sont nécessaires, peuvent sauver des vies. Mais peuvent aussi être assimilés à des violences obstétricales s’ils sont pratiqués sans consentement éclairé de la patiente et/ou de façon non justifiée. Ces chiffres sont issus du rapport d’information du Sénat concernant le droit à l’autodétermination corporelle et la lutte contre les violences obstétricales, 15 janvier 2024. 2 Loi du 21 mars 2022 modifiant le Code pénal en ce qui concerne le droit pénal sexuel. Le Code pénal précise que les atteintes à l’intégrité sexuelle émanant d’un professionnel de la santé constituent un facteur aggravant (articles 417/21 et 417/23). 3 www.chuliege.be/bientraitance-obstetricale 4 www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/maternal-mortality 5 https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/mortalite-etesperance-de-vie/mortalite-maternelle MAI-AOÛT 2026 I 294 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 33 OMNI SCIENCES
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