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SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 2026 I 295 I WWW.LQJ.ULIEGE.BE 52 OMNI SCIENCES (mais ne géolocalise pas) – qu’ils ont porté pendant deux semaines au cours du dernier semestre. Les données recueillies éclaireront sur leur niveau d’activité physique (quand et pendant combien de temps ils sont en mouvement), la durée et la qualité de leur sommeil ainsi que la durée et la fréquence de leurs siestes. La deuxième vague de collecte de données est en cours, tandis que celles issues de la première vague font l’objet d’analyses. RENFORCEMENT MUSCULAIRE « De nombreuses études montrent qu’une faible activité physique et un mauvais sommeil sont associés à un risque accru de pathologies et à davantage de mortalité », souligne Olivier Bruyère, professeur d’épidémiologie et de réhabilitation gériatrique à l’ULiège et co-coordinateur du projet HabitAge. L’activité physique constitue un levier majeur de prévention. Pour les jeunes, comme les moins jeunes, faire 10 000 pas par jour réduit le risque de mortalité jusqu’à 40 % par rapport aux personnes qui en font moins de 3000. « L’Organisation mondiale de la santé recommande également minimum 150 à 300 minutes par semaine d’activité physique modérée comme la danse, la marche rapide, ou bien 75 à 150 minutes hebdomadaires d’activité d’intensité vigoureuse – qui accélère nettement la respiration et rend la conversation difficile –, comme la course à pied, le vélo, la natation. À noter que pour les seniors, en fonction de leurs capacités fonctionnelles, une marche rapide peut être considérée comme une activité soutenue », explique Olivier Bruyère. Pour lutter contre la sarcopénie, la perte progressive de la masse et de la force musculaires liée au vieillissement, les exercices de renforcement musculaire sont indispensables. Si grimper des volées d’escaliers au quotidien et entretenir son jardin peuvent y contribuer, l’environnement résidentiel joue aussi un rôle potentiel. « Des études révèlent que les seniors vivant à proximité d’espaces verts ont tendance à être plus actifs et présentent une meilleure santé musculaire. Lorsque ces espaces verts sont accessibles à pied, via des parcours continus, agréables et perçus comme sûrs, l’effet semble encore plus marqué », poursuit-il. Si Olivier Bruyère s’intéresse particulièrement aux données d’activité physique recueillies par les actimètres, les informations relatives au sommeil et aux siestes seront au cœur des analyses de Christina Schmidt, professeure au sein du GIGA Neuroscience. Avec son équipe, elle a récemment mis en évidence un lien entre la fréquence de siestes chez les seniors et un déclin plus marqué de leur mémoire épisodique, celle emmagasinant les souvenirs. Dans le cadre d’HabitAge, elle étudiera l’influence des typologies d’habitats sur leurs habitudes de sieste et la qualité de leur sommeil. TÉLÉASSISTANCE DE NOUVELLE GÉNÉRATION Un système de téléassistance peut contribuer au maintien à domicile de certaines personnes âgées. Celuici repose généralement sur un bouton d’alerte, porté en pendentif ou au poignet, ainsi que sur un second dispositif placé à proximité du téléphone. En cas de chute ou malaise, il suffit d’appuyer sur l’un de ces boutons pour entrer en contact avec un opérateur. Disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, les téléassisteurs évaluent alors la situation et, au besoin, déclenchent des appels en cascade auprès des proches, des voisins ou des services de secours. Aujourd’hui, cette téléassistance classique évolue vers des dispositifs plus sophistiqués. À travers six consortiums, dont celui auquel participe le laboratoire Inter’Act avec le projet Wallonie Assist at Home*, l’Agence wallonne pour une vie de qualité (Aviq) ambitionne d’équiper plusieurs milliers de Wallons âgés de plus de 65 ans ou en situation de handicap de technologies de téléassistance augmentée. « Il s’agit de disséminer dans l’habitat des capteurs mesurant certains paramètres liés aux habitudes de vie, de compiler ces données au fil du temps et d’activer une alerte lorsqu’un changement drastique est détecté, explique Catherine Elsen. Par exemple, si un capteur posé sur la porte du frigo détecte que celle-ci n’a plus été ouverte depuis plusieurs jours, un message pourrait être envoyé à un proche ou au médecin traitant. En effet, on peut redouter une malnutrition, une déshydratation ou le début d’une maladie neuro-dégénérative. » Afin de capturer ces évolutions dans les habitudes de vie, l’Aviq a laissé à chacun de ses six consortiums partenaires le choix de la technologie à expérimenter. Certains ont opté pour des caméras infrarouges, d’autres pour des montres GPS ou des capteurs optiques avec images floutées. « De notre côté, nous avons retenu ce que nous considérons comme la solution la moins intrusive : un bracelet pour la détection des chutes ainsi que, pour l’analyse des habitudes, des capteurs

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